Domaine Joblot, domaine viticole
à Givry
Le vin qui ne prenait jamais l’avion
À givry, une bouteille a perdu 130 grammes et les cartons 16 kilomètres d’adhésif par millésime. Bouteille qui ne quittera La côte que par la route ou par bateau, surtout, jamais par Avion. Hélène sarkis, gérante et régisseuse du Domaine Joblot, nous a expliqué pourquoi ce ne sont pas des détails.
Hélène Sarkis a une formule qui résume assez bien sa façon de travailler : l’agriculture biologique est un prérequis nécessaire, mais non suffisant. Le Domaine familial, inscrit au cœur de l’histoire de Givry depuis 4 générations, travaille en bio depuis plusieurs années et a engagé sa certification en 2024. Le label n’est donc pas le sommet de la montagne, c’est juste le camp de base.
LA CAVE N’AURA JAMAIS LE DERNIER MOT
La qualité ne se décide pas dans les cuves mais dans les rangs. La vinification se contente de suivre. Les parcelles vivent sous un enherbement quasi permanent, avec des couverts végétaux et des ruches installées dans un bosquet, tandis que la vigne se renforce aux tisanes de plantes. Une agroécologie qui recomplexifie beaucoup le métier, et qu’il a fallu expliquer longuement aux équipes avant qu’elles ne deviennent les premières à réclamer d’aller encore plus loin.
« L’avion est écarté d’une traite c’est une hérésie environnementale. »
Hélène Sarkis
16 KILOMÈTRES D’ADHÉSIF EN MOINS
La même rigueur s’applique à tout ce qui entoure le vin. Les bouteilles sont passées de 550 à 420 grammes, les étiquettes ont troqué dorure et vernis contre des pigments naturels imprimés sur un papier de lin. Côté cartons, ils tiennent désormais en une seule plaque sans une goutte de colle, quand 16 kilomètres d’adhésif partaient à chaque millésime à la poubelle.
Déjà 2 cuvées sont passées au réemploi : « Nos grands-parents et nos parents ont connu ça et ils y étaient habitués. On ne réinvente rien du tout.» Les 50 % de la production qui partent à l’export voyagent par la route ou par bateau. L’avion est écarté d’une traite : « c’est une hérésie environnementale. »


NOTRE CARTE BLEUE, C’EST UN BULLETIN DE VOTE
Pour Hélène Sarkis, l’acte d’achat est un acte militant : c’est le consommateur qui tranche et qui choisit ce qu’il encourage en remplissant son panier. Il faut bien l’avouer, devant une bouteille, on regarde l’appellation, le millésime et le prix… Est-ce que l’on se pose plus de questions depuis notre rencontre ? En effet.